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Madame Hamida Agsous Commissaire de festival national de la création féminine en algerie
MINUTIE ET EXUBERANCE
Après le Tissage, l’un des arts « premiers » pratiqués par les femmes dans notre pays et que nous avions choisi pour thème de la première édition, nous avons décidé dans une logique de continuité de passer, cette année, à l’embellissement et l’ornement des vêtements et du cadre de vie intérieur ,au moyen de la Broderie. Du reste, cette continuité était déjà esquissée lors de la première édition à travers le défilé de mode dans lequel la Broderie tenait déjà une large part.

"L’art de l’aiguille" est spécifiquement féminin, bien que des hommes s’y soient adonnés et s’y adonnent encore, particulièrement sur les supports en cuir. Il répond à un besoin esthétique et s’attache à un certain art de vivre que les cultures méditerranéennes ont sublimé, chacune à leur manière. Aujourd’hui, on peut encore constater les bienfaits de la créativité, de l’imagination et de l’habileté des femmes des deux rives de cette « mer miracle » où l’intégration des apports extérieurs aux spécificités intérieures a pris les formes d’une synergie artistique toujours étonnante sans délaisser ses racines africaines.

En Algérie, la Broderie, attestée par les historiens, les géographes et les voyageurs dès le XVe siècle, a fait naitre des créations somptueuses. Encore de nos jours et bien que fragiles, les étoffes, sur lesquelles des doigts habiles ont crée de véritables œuvres d’art, constituent la preuve incontestable de la richesse et de la finesse de cet art. De très belles pièces font partie des collections de trois musées nationaux à Alger : le Musée des arts et traditions populaires, le Musée des antiquités et des arts islamiques et le Musée du Bardo.

Bien qu’héritée de l’antiquité sumérienne, persane, indienne puis grecque et romaine, la Broderie était déjà connue des Phéniciens et des Carthaginois en Méditerranée. C’est cependant sous les Umayyades de Syrie que le « tarz » (broderies au fil d’or sur de la soie) a connu son apogée. Le « tarz », mot d’origine persane, désignait initialement les ateliers de fabrication de soieries brodées. Puis, par extension, ce terme, adopté par la langue arabe, a fini par englober l’ensemble de la discipline.

Au Maghreb et donc en Algérie, c’est le costume andalou qui, à partir du XVe siècle, montre au mieux la richesse des arabesques et motifs floraux brodés au fil d’or ,qui va influencer toutes les grandes cités d’Afrique du Nord. Le développement des ateliers de « tarz » à l’époque des Hammadides illustre bien cet essor de la Broderie au fil d’or ou d’argent.

Ainsi, bien avant l’apport ottoman, les broderies qui paraient les costumes d’Alger, de Tlemcen, de Constantine ou de Bejaia étaient très prisées, surtout lorsqu’il s’agissait de briller pour une fête ou une cérémonie.

Cependant, l’élégance appartenait aussi au quotidien et la Broderie trouvera à s’y employer de manière moins coûteuse mais d’un égal raffinement. D’où l’usage du fil de soie, plus adapté aux lainages, aux cotonnades et au lin, notamment pour embellir les pièces de costumes ordinaires ou encore orner les tentures, rideaux, nappes, linge de maison et pièces d’ameublement.

Dans notre pays, l’art de la Broderie est pratiqué aussi bien en ville qu’en milieu rural, avec cependant des différences relatives aux techniques, matières et points utilisés, mais également aux motifs et symboles décoratifs.

La présente édition du Festival de la Création Féminine ne pouvait se concevoir sans rendre un hommage distingué à ces milliers de femmes anonymes, qui, à travers les siècles et un patient travail de transmission inter-générations, ont préservé un patrimoine inestimable où les gestes, l’atmosphère, les rituels et leurs lexiques, comptent autant que le résultat final, aussi magnifique soit-il.

On peut donc affirmer que, tout comme l’art du Tissage, celui de la Broderie est composé de traces, d’indices et de signes du passé et de l’histoire collective et individuelle que des doigts experts ont écrit et écrivent encore, au fil et à l’aiguille en appliquant sur des supports divers, des motifs décoratifs qui, derrière leur esthétique, sont de véritables récits de vie mais aussi et surtout, l’expression de rêves.

La Broderie en Algérie, comme sans doute dans la plupart des régions du monde où cet art a prospéré, est donc un témoignage du patrimoine de notre pays de même qu’une preuve éclatante du potentiel imaginatif et créatif des femmes et de leur savoir-faire artistique .

Sous les doigts des femmes, le génie créatif des peuples de la méditerranée, dans son aptitude à harmoniser son originalité avec les influences venues d’ailleurs a fait de la broderie un art décoratif dans lequel elles ont pu atteindre le sommet de la perfection.

C’est ce spectacle, jailli de l’intimité pour resplendir dans son achèvement, que la 2e édition du FNCF se propose de vous faire découvrir, d’autant qu’aux cotés des 25 brodeuses venues du Nord et du Sud de l’Algérie, nous avons l’honneur de recevoir leurs consœurs d’Italie, de Turquie et du Burkina Faso qui partagent avec elles des influences communes méditerranéennes, africaines ou autres.

Dans la convivialité du Festival, ce sera également l’occasion d’envisager des voies de création nouvelles, stimulantes pour cet art qui n’a pas encore dit son dernier mot dans sa recherche à la fois minutieuse et exubérante de la Beauté.
Madame Hamida Agsous
Commissaire du Festival


 
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